Je ne suis pas un pion sur l’échiquier

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Les humain-e-s vivant dans des sociétés qui ont évoluées avec le temps se scindent en deux parties : ceux-elles qui sont satisfait-e-s de la manière dont les choses sont, qui ne remettent pas en cause le système en place, qui ne trouvent rien à en redire et ceux-elles qui souhaitent que tout change, ou du moins la plupart des choses. Le premier groupe a toujours agit virulemment pour empêcher le deuxième groupe d’arriver à ses fins, et pour cela, a dû et doit encore user de stratégies et de manœuvres parfois malhonnêtes.

 

Ceu.x.celles qui ne trouvent rien à redire à la manière dont ce monde fonctionne sont souvent ceu.x.elles qui ont qui en tirent le plus grand intérêt. Marx parlait des bourgeois. Nous pouvons parler aujourd’hui des capitalistes impérialistes. Ceux.celles qui ont, de par leurs ancêtres ou de leur travail pu amasser énormément de richesses et de terre, contrôle la plupart des firmes et multinationales, les descendants de colons qui ont encore la mainmise sur des peuples supposés affranchis de leur joug, mais qui dépendent encore d’eux économiquement et politiquement. Comme des enfants, qui ont pourtant acquis la majorité mais qui ne sont « pas prêts » à quitter le domicile familial parce que les « parents » estiment qu’ils ne peuvent pas s’assumer tout seuls.

A petite ou grande échelle, le capitalisme agit dans nos vies comme un parent. Un parent bienveillant qui nous explique gentiment que si nous travaillons bien à l’école et que nous faisons de bonnes études, nous auront un travail bien rémunéré, une petite maison sympa dans une grande ville et que nous pourront nous préparer pour notre retraite. Et peut être qu’un jour, oui peut-être, nous seront aussi riches que ceu.x.elles que nous adulons secrètement, ces « stars » ces « hommes d’affaires », ces « hommes puissants » qui ont réussi à partir de rien et qui ont cru en leur rêve, qui ont travaillé très dur et qui ont fini par devenir des modèles de succès. Le problème est tout de même que nous sommes 7 milliards, comment pourrions-nous vouloir la même chose ?

Certain-e-s seraient tenté-e-s de me dire que des personnes ont réussi sans pour autant suivre la ligne directrice « études, travail, famille, retraite » mais finalement quand on y pense, ces personnes un peu marginales ont quand même fini par faire ce que l’on attendait d’eux : être utiles à cette société, nourrir des personnes plus puissantes qu’eux.elles, dépenser leur argent pour des gens puissants qui contribuent à l’inégale répartition des richesses, l’exploitation humaine et animale. Cette idée qu’on nous permet de choisir une autre route que le chemin de base, c’est juste l’illusion du choix. On peut emprunter des chemins de traverse si on veut, mais finalement on en revient toujours au même point : nourrir la société avec notre temps, notre énergie, notre productivité, notre argent. Et finalement nous sommes tous égau-x-les face à cela.

La logique dominant-e-s / domin-é-es

A young boy is working with his parents at a small jeans workshop in Dadun Village in Xintang, Zengcheng. He earns 0.15 yuan for snipping loose thread ends off one pair of jeans; in one day he can do about 200 pairs. In Xintang, where the economy is centered around textile production, Greenpeace has found high levels of industrial pollution and has documented the effects on the community.
Un jeune garçon en train de travailler avec ses parents dans une petite usine  – Dadum Village à Xintang, Zenacheng. Il gagne 0,15 yan pour finaliser un jean. Il peu aller jusqu’à 200 jeans par jours. A Xitang, il y a une économie concentrée sur la production de textile. Greenpeace a relevé de hauts niveaux de pollution industrielle et a indiqué les effets de cette économie.

 

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Cette réalité n’est que le résultat de notre consentement et de notre conditionnement. Depuis tout petit-e-s, on nous apprend à accepter d’être en compétition les un-e-s avec les autres. On fait des classements du/dela meilleur-e-s élève au véritable cancre, on crée des formations sélectives sur des notes (qui ne représentent bien souvent que notre capacité à apprendre par cœur des leçons qui ne nous servirons pas toujours à grand chose). On fait des concours de beauté dès le plus jeune âge et même dans le milieu du travail, cela ne s’arrête pas. Les collègues se mettent des bâtons dans les roues pour avoir la prime, bien se faire voir du patron et ainsi être le ou la meilleure employé-e. Cela permettrait de stimuler les autres et ainsi d’augmenter la productivité. Tout est fait pour nous faire croire que si quelqu’un-e gagne, quelqu’un-e d’autre doit perdre. Et quand on demande si c’est logique, si c’est juste, la réponse à laquelle on a droit est souvent « c’est comme ça ». En gros, personne ne sait vraiment où est le bien dans ce fonctionnement, mais tout le monde l’accepte et s’y conforme. Comme une forme de résignation.

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Trouve un travail. Va au travail. Marrie-toi. aie des enfants. Suis la mode. Agis normalement. Marche sur le trottoire. regarde la télé. Obéis à la loi. Epargne pour ta retraite. Maintenant répète après moi : « JE SUIS LIBRE »

Finalement, je pense que le capitalisme tend à nous faire croire que l’on ne sera pas toujours en dessous des autres, que l’on peut être riche et ainsi, remonter un peu plus haut dans la pyramide. Ce que l’on ne nous dit pas, c’est que  ces hommes les plus riches et qui sont des modèles de réussite ont du enfiler bien souvent leur manteau d’obscurité pour en arriver où ils sont. Si nous prenons l’exemple du défunt Steve Jobs, il ne faut pas oublier qu’il payait au lance pierre ses employé-e-s du Bengladesh et d’Inde, qu’il n’avait apparemment pas d’objections envers le travail des enfants et bien qu’il y avait des salles de jeu dans ses usines, il y avait également des filets anti suicide.

L’argent et l’illusion de la complétude

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Je n’ai rien contre l’argent.  Beaucoup le voient comme un moyen d’exercer le modèle dominant-e-s/ dominé-e-s mais je pense que c’est une analyse un peu rapide. Quand l’argent n’existait pas encore, des systèmes de servage et donc d’oppression existaient bien. Je pense que dans le monde actuel, c’est difficile de faire sans. Cela est possible, mais il faudrait complètement sortir du système, et je ne suis pas sûre que cela convienne à tout le monde pour le moment.  Le vrai ennui est de l’ériger en dieu vivant, en quête ultime, en fin en soi. Au final, que voulons nous vraiment avec l’argent ? Ce n’est pas de collectionner les billets, c’est simplement ce sentiment de complétude, de ne pas manquer, d’être « bien ». Ce sentiment peut être obtenu et ressenti de tellement de manières différentes, que je ne comprends pas cette obsession pour l’argent. L’aisance matérielle n’est qu’un confort illusoire. Que voulons-nous pour notre anniversaire ou pour les fêtes ? Ce n’est pas tant que nous voulons des objets d’une valeur pécuniaire inestimable, nous  voulons la plupart du temps l’attention, l’amour, la complétude à travers le geste de nos proches. Et ce sentiment ne peut pas être ressenti avec des milliers de choses. Quand on voit toutes ces personnes riches et célèbres se suicider on s’aperçoit vite à quel point l’argent ne peut combler aucun vide.

La phrase « l’argent ne fait pas le bonheur » parait donc fausse mais pas forcément. On peut être heureux dans l’abondance matérielle comme dans un mode de vie minimaliste. En tout cas, ce que l’on fait de notre argent peut nous rendre heureux. Si nous mettons notre argent au service de nos valeurs, si notre fortune permet de batir les fondations d’un monde nouveau, plus juste et égalitaire, je ne vois pas pourquoi cet outil ne serait pas bon. Le gros problème de notre société (surtout en France) c’est que les personnes les plus altruistes sont considérées comme des « charlatans » dès qu’elles gagnent bien leur vie. Je parle surtout des autoentrepreneurs qui agissent dans des milieux un peu alternatifs ou qui ont créé leur propre métier. Par contre qu’un-e footballeur-se ou un-e individu-e qui met des tonnes de pesticides dans la nourriture qu’ille vend soit plein aux, cela ne choque personne.

En plus d’accepter que ceux.elles qui nous « dominent » nous dominent, nous dépensons le peu d’argent que nous avons pour des choses bien inutiles. Nous acceptons l’obsolescence programmée, nous profitons des fêtes pour nous ruiner en biens matériels que la personne à qui nous allons l’offrir ne va même pas forcément utiliser. En tant que personne ne supportant pas la foule, je fais toujours ce que je peux pour faire mes courses à des moments de la journée ou il y a peu de monde et je n’ai jamais fait les soldes. Mais j’ai pour autant accepter ce « jeu » de se ruiner en cadeaux. Pour Noël dernier j’ai décidé de me lancer progressivement dans les cadeaux « homemade »  parce que la plupart des cadeaux que je pourrais faire en achetant en supermarché ne sont pas éthiques (la plupart son non vegan également), mais en plus parce qu’économiquement, cela peut être intéressant. Et puis (et surtout) il y a le fait de se consacrer pleinement à quelqu’un-e, en y mettant tout son cœur. Mettre son savoir faire pour quelqu’un-e, prendre le temps de lui offrir de son temps, de sa créativité pour elle a parfois beaucoup plus de valeur que n’importe quel parfum. Cela ne veut pas dire que l’on ne doit plus rien acheter (et d’ailleurs, chacun-e fait ce qu’ille veut), mais peut-être qu’une intention plus personnelle peut avoir plus d’impact parfois, ca vaut le coup de se pencher sur la question en tout cas.

Finalement, ce qu’il est pour moi important de comprendre, c’est que le capitalisme est un mode de vie extrêmement dangereux et impossible à supporter à long terme. il est comme un ogre qui dévore tout sur son passage, pillant, gaspillant et écrasant la moindre chose qui pourrait lui servir, mais conscient que cette chose n’est pas faite pour durer. La publicité sert de propagande. Et nous, alors que nous sommes le peuple, les gens d’en bas, les grands perdant-e-s, nous en redemandons presque, parce que nous nous persuadons que rien d’autre n’est possible.

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Aujourd’hui, j’ai l’impression que de moins en moins de personnes supportent cette logique de domination et de vie basée sur l’accumulation de biens en tout genre. La génération qui est la mienne est une génération de jeunes qui ont bien compris que la crise financière et économique ne va pas s’arranger, que la courbe du chômage ne va pas se redresser comme par magie, que l’instabilité du monde est de plus en plus criante et que rien ne peut être considéré comme un destin tout tracé.

site: france inter
site: france inter

 

La politique n’est plus qu’un gloubiboulga indigeste. Nous vivons en gérontocratie et en oligarchie. Ceux.elles qui votent encore le font d’avantage par compassion pour ceux.elles qui se sont battus pour le droit de vote que parce qu’illes pensent sincèrement qu’un bulletin dans une urne va changer réellement quelque chose. Pour ceux.elles qui y croient encore, je suis désolée mais l’homme/la femme providentiel-le  n’existe pas. Ille n’a jamais existé et n’éxistera jamais. Ne le voyons de plus en plus et si nous ne le comprenons pas, alors les choses vont continuer à empirer. La démocratie ne sera plus qu’un joli mot désuet qu’on hésitera à garder dans le dictionnaire et les rues seront des lieux que nous arpenteront tels des zombies, sans aucune volonté de faire de cette vie quelque chose de beau, dans lequel tout le monde a sa place.

Le constat est sans appel, mais j’y crois encore

Beaucoup connaissent sûrement la fameuse légende amérindienne du colibri. Cet oiseau magnifique qui lors d’un incendie menaçant toute la forêt s’activait à porter dans son bec quelques gouttes d’eau pour les jeter aux flammes pendant que les autres animaux s’affolaient impuissants. Le tatou s’approcha alors du bel oiseau lui demandant : «  Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? ». L’oiseau répondit alors « Je le sais, mais je fais ma part » .

Voici la morale de cette histoire : Il faut apporter sa pierre à l’édifice, à son échelle, selon ses moyens et ses capacités. Surtout lorsque le monde est dans la souffrance la plus vive. Parce que chacun-e peut faire quelque chose.Personne n’a plus de valeur ou d’importance pour agir dans ce sens et si certain-e-s sont trop dans la misère pour pouvoir se faire entendre, d’autre devront le faire pour eux, mais sans les infantiliser, sans parler en leur nom. 

Le problème est que dans notre société, on nous apprend la déresponsabilisation, la résignation et l’attente de l’homme providentiel. Au lieu de nous battre directement pour les causes qui nous portent, au lieu de participer aux initiatives qui comptent, au lieu de mettre un coup de pioche au le mur de brique qui nous sépare de nos objectifs, de notre bonheur, nous attendons que quelqu’un-e le fasse à notre place ou que quelque chose vienne comme par miracle tout arranger. Nous pensons même parfois que le problème vient de l’extérieur (ce qui crée de nombreuses discriminations telle que la xénophobie par exemple) et nous ne voyons pas que bien souvent, le problème est intérieur parce que c’est notre mode de vie qui est insupportable. Nous voulons la paix dans le monde mais nous finançons des guerres. Nous achetons des produits qui cautionnent l’exploitation humaine et animale, mais nous nous insurgeons lorsque nous voyons des documentaires mettant en lumière le travail des enfants. Et pour couronner le tout, nous sommes bien souvent incapables de nous aimer nous-même.

Le véritable objectif  est donc de (re)prendre les choses en mains. De se demander ce que nous voulons vraiment et de le matérialiser, de le créer vraiment. Il ne tient qu’à nous de le faire. Nous avons la chance de vivre à une époque où tout s’effrite dangereusement mais où tout est à reconstruire et où tout est encore possible.

Chaque jour nous disons « oui » ou « non » à des individus, à des entreprises, des multinationales, des politiques par nos simples actes, achats, par nos prises de position mais également par notre indifférence et nos silences. Agir concrètement, devenir activistes faire entendre notre voix, à notre échelle, selon nos moyens, notre temps sans culpabilisation et sans pression en tant que citoyen-e-s, en tant que personnes bienveillantes et bienfaisantes est notre seule arme. Car ce qu’il faut savoir c’est qu’à plus haute échelle, certai-e-s connaissent la puissance de notre pouvoir, la craigne et font tout pour nous faire croire qu’il n’existe pas. Ceux qui nous dirigent ne nous rendront pas le pouvoir et ne tiendront pas leurs promesses. Ils n’ont jamais eut l’intention de le faire. C’est donc à nous de  reprendre ce pouvoir et à nous de réaliser ces promesses: justice, égalité, démocratie, compassion, les vraies.

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Pour aller plus loin

Des vidéos youtube

Capitalisme mon amour 

Life at a Walmart Sweatshop

De la servitude moderne

Noel à la base: l’amour par l’hyperconsommation

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Un livre humoristique

Comment épouser un milliardaire – de Audrey Vernon

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